09.09.2017, 00:01  

Le marché contrôlé des sports américains

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Tom Brady est resté seize ans aux New England Patriots. Certaines clauses empêchent des transferts.

 09.09.2017, 00:01   Le marché contrôlé des sports américains

Par johan tachet

SÉRIE SUR LES TRANSFERTS (4/4) - Outre-Atlantique, les transferts à coup de millions n’existent pas. Les athlètes sont soit échangés, soit libres de tout contrat. Les clubs, eux, doivent s’en tenir à un plafond salarial.

Dans les sports US, que ce soit en NFL (football américain), MLB (baseball), NBA (basketball) ou NHL (hockey sur glace), l’argent coule à flot. Les droits de télévisions nationaux y dépassent chaque année le double milliard – il est même de 7 milliards pour la NFL – mais,...

Dans les sports US, que ce soit en NFL (football américain), MLB (baseball), NBA (basketball) ou NHL (hockey sur glace), l’argent coule à flot. Les droits de télévisions nationaux y dépassent chaque année le double milliard – il est même de 7 milliards pour la NFL – mais, pourtant, on y retrouve aucune trace de transferts mirobolants.

Les Etats-Unis, pays reconnu pourtant pour sa vision libérale, restreignent les libertés économiques sportives pour assurer et associer compétitivité et égalité des chances entre les différentes équipes. Dans cet esprit, les différentes ligues, toutes fermées où il n’existe ni promotion ni relégation, poursuivent un même principe: la redistribution des richesses. Ainsi, les droits de télévision, comme en NFL, sont répartis équitablement entre toutes les franchises. Si ces revenus peuvent être utilisés pour attirer de gros salaires – et encore, puisque un plafond salarial a été institué pour éviter toute concurrence déloyale – ils ne servent en aucun cas à réaliser des transferts puisque ceux-ci n’existent pas. Ou, plutôt, sous une autre forme.

Des contrats longue durée

Les joueurs sont, dans un premier temps, dévolus à aller jusqu’au bout de leur contrat. Il n’est pas rare de voir les stars rester fidèles à leur club grâce à des clauses qui les empêchent d’être transférées. Wayne Gretzky (dix saisons aux Oilers d’Edmonton, huit aux Kings de Los Angeles) et Michael Jordan (treize saisons aux Chicago Bulls) à l’époque, les jeunes retraités Tom Brady (seize ans de carrière aux New England Patriots) et Kobe Bryant (vingt aux Lakers de Los Angeles), ainsi que les stars actuelles Sydney Crosby (douze ans au Penguins de Pittsburg) et Tony Parker (seize ans aux Spurs de San Antonio) en sont le parfait exemple.

Les joueurs de sports US se retrouvent sur le marché dès que leur contrat est terminé. A ce moment-là, ces «free agents» peuvent s’engager avec n’importe quel club pour autant que ce dernier se conforme au plafond salarial de la ligue. Des changements de club ont tout de même fait jaser ces dernières années et sont considérés comme «des trahisons», notamment en NBA, lorsque LeBron James est passé, en 2010, de Cleveland à Miami ou Kevin Durant d’Oklahoma City au Golden States il y a douze mois.

Un système d’échanges viable

Toutefois, le système des transferts n’est pas complètement fermé et nombreux sont les joueurs à changer de clubs en cours de saison grâce au «trade» qui se déroule peu avant le début de saison jusqu’à l’approche des play-off. Ici, un joueur, ou plutôt son contrat, se marchande en étant échangé avec un autre de la même valeur ou des tours de draft. Si une équipe désire enrôler une grande star au salaire mirifique, elle devra, en contrepartie, céder plusieurs éléments et/ou plusieurs tours de draft afin de respecter sa masse salariale.

Dans ce procédé, les athlètes n’ont aucunement voix au chapitre dans les négociations qui se déroulent entre agents et franchises qui ont tous les pouvoirs décisionnels. Les athlètes «subissent» ainsi les transferts. Mark Streit en est le parfait exemple l’hiver dernier. Le hockeyeur suisse avait été cédé par Philadelphie à Tampa Bay avant que le club floridien ne le transfert à Pittsburg contre le quatrième choix de draft. Le tout, le même jour, lors des ultimes heures possibles pour réaliser des transactions.

La draft pour les nouveaux talents

Enfin, tous les clubs américains participent, à l’entre-saison, à une draft. Dans chaque sport, elle réunit les athlètes universitaires nord-américains et les jeunes talents étrangers désireux de signer un contrat professionnel. Un ordre de sélection est établi selon le classement inverse de la dernière saison de championnat régulière, ceci dans le but que les équipes les moins compétitives ne puissent se renforcer. Un tirage au sort peut aussi intervenir selon les sports pour définir les trois premiers choix. Sans oublier que les équipes peuvent s’échanger des tours de draft durant la saison avec les différents trades.

Et si, au final, le système du sport américain servait d’exemple pour régir le football européen?

Le modèle de la Major League Soccer

Le championnat de football aux Etats-Unis (MLS), ou soccer comme on l’appelle de l’autre côté de l’Atlantique, n’est pas soumis aux mêmes règles qu’en Europe. Dans les grandes lignes, il paraît complexe. Lors de chaque période de transferts, une liste («Allocation Ranking Order»), selon l’ordre inverse du classement du dernier championnat, détermine quel club peut transférer un joueur évoluant avec les sélections nationale ou espoirs américaines, ou recruter un ancien joueur qui souhaite revenir en MLS.

Chaque club possède aussi une «discovery list» de sept noms qu’il peut recruter à tout moment pour autant qu’il soit libre de tout contrat. C’est ainsi que des joueurs comme Didier Drogba ou Sebastian Giovinco sont arrivés en Amérique du Nord. Une draft a également lieu deux fois par année pour le recrutement de jeunes talents. Tout comme dans les autres sports US, un plafond salarial a été instauré en MLS à hauteur de 3 840 000 dollars (3 696 682 francs) pour chaque club afin de garantir l’équité sportive entre les franchises. jt


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