14.09.2017, 05:30  

La fin d'un très long bail pour le hockey du Valais romand

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Sierre-Martigny en 2013. C'était le dernier derby du Valais romand en LNB.

 14.09.2017, 05:30   La fin d'un très long bail pour le hockey du Valais romand

fin de série - Depuis 1954, une équipe du Valais romand, au moins, avait toujours figuré en LNB. Depuis la faillite du HC Sierre et du Martigny Red Ice, en juin dernier, le Valais francophone est exclu de la ligue nationale.

UN PEU D’HISTOIRE

Jusqu’à cinq clubs valaisans en LNB

Historiquement, en-dehors de Viège, Sierre et Martigny ont évolué de très nombreuses années en LNB. Martigny a été promu en 1955, Sierre en 1957. Depuis, l’un a effectué trois périodes en LNA, l’autre a effectué quelques allers-retours en première ligue. Mais c’est le HC Montana, paradoxalement, qui a été le premier à faire le saut en ligue nationale en 1954. Il y est resté dix ans avant de remonter la saison suivante et de...

UN PEU D’HISTOIRE

Jusqu’à cinq clubs valaisans en LNB

Historiquement, en-dehors de Viège, Sierre et Martigny ont évolué de très nombreuses années en LNB. Martigny a été promu en 1955, Sierre en 1957. Depuis, l’un a effectué trois périodes en LNA, l’autre a effectué quelques allers-retours en première ligue. Mais c’est le HC Montana, paradoxalement, qui a été le premier à faire le saut en ligue nationale en 1954. Il y est resté dix ans avant de remonter la saison suivante et de rentrer, très vite, dans le rang. Quant au HC Sion, il a fêté une première ascension en 1959, une deuxième en 1975. Ainsi, entre la fin des années 1950 et le début des années 1960, le Valais a compté jusqu’à cinq clubs en LNB. «On aurait presque pu faire un championnat interne, rigole Tanguy Micheloud, l’une des figures emblématiques du HC Sion à cette époque. En Valais, on jouait au foot en été, au hockey en hiver. Il n’y avait pas d’autres distraction, sinon le ski pour certains. Il n’y avait pas la télévision, non plus. En outre, les joueurs n’étant pas payés, les budgets étaient très modestes. Malgré le froid, il y avait énormément de monde autour des patinoires. Plus tard, l’intérêt s’est un peu dilué. Le ski vit le même phénomène aujourd’hui.»

«A cette époque, la LNB ne coûtait rien, rappelle Silvio Caldelari, ancien président du HC Sierre. Il y a toujours eu une forte tradition en Valais. Les affluences étaient conséquentes parce que le hockey était alors implanté dans les cantons alpins. Les Valaisans étaient aussi nombreux en équipe nationale. De tout temps, ce canton a formé de très bons joueurs.»

 

COMMENT EN EST-ON ARRIVE LA?

Des erreurs, moins d’argent, moins de public

En toute logique, Sion et Crans-Montana ont réintégré la première ligue lorsque le hockey de ligue nationale a quitté progressivement les stations de montagne pour s’installer en plaine. Sierre et Martigny ont assuré la transition avec, sportivement, quelques aléas. Financièrement, les deux clubs ont toutefois aussi vécu des années difficiles via quelques appels au peuple et autres sollicitations auprès de mécènes. En 2013, le HC Sierre était déclaré en faillite. En juin 2017, Martigny Red Ice était à son tour contraint de déposer le bilan. Les deux fois, les clubs ont vu trop grand. «Les dirigeants se sont mis à dépenser plus d’argent qu’ils n’en encaissaient, déplore André Pochon ancien joueur à Sierre et Martigny, ancien entraîneur. Ils ont commis des erreurs; ils n’ont pas voulu s’entourer. Le résultat est là. Ce n’est pas un hasard si Viège, mieux structuré, résiste bien. Après, le potentiel économique est limité, les sponsors moins généreux et le public moins nombreux.»

«D’abord, les budgets ont explosé, constate Silvio Caldelari. Ensuite, la direction d’un club s’apparente à diriger une entreprise. C’est une occupation à plein temps qui occupe 24 heures sur 24. Le bénévolat n’est plus possible. Les sponsors principaux s’engagent à l’extérieur du canton. Les autres, c’est davantage du soutien. Enfin, le public s’est effrité au fil des années. En 2000, à Sierre, on pouvait compter sur un noyau de 1700 spectateurs. En 2012, ils n’étaient plus que 700 ou 800. A Martigny, cette saison, l’équipe était magnifique. Or, il n’y avait pas 1000 spectateurs au Forum...»

 

TROIS, C’EST TROP?

Un dans chaque région linguistique, c’est possible

Historiquement, à chaque fois que le Valais s’est retrouvé à trois en même temps en LNB, Sierre, Martigny ou Viège a dû s’effacer. Trois clubs, c’est trop. Deux, un dans le Haut, un dans le Valais romand, ça paraît plus raisonnable et pas utopique du tout. A plus forte raison dès le moment où la LNB est élargie à douze clubs et qu’elle accueille des clubs-formateurs qui n’ont pas forcément la même tradition qu’en Valais. Qui s’appuient sur des budgets plus raisonnables, aussi, que les équipes qui jouent les tout premiers rôles.

Notre canton reste une terre de hockey. La présense de treize joueurs en National League, ainsi que l’éclosion du prodige Nico Hischier en NHL, l’atteste. Viège est désormais incontournable, plus encore à partir du moment où il bénéficiera d’une nouvelle patinoire. Par contre, il n’y aura probablement qu’une place à l’avenir entre Sierre, Martigny ou Sion. D’où l’absolue nécessité de réunir ses forces, sinon de fusionner. «Le problème, c’est l’argent et la configuration actuelle, semi-professionnelle, de la Swiss League, déplore Silvio Caldelari. Il n’est plus possible de réunir un budget de 3 millions sans un mécène.»

 

A QUAND LE RETOUR?

Tout seul, ce n’est pas pour demain

En quatre ans, deux clubs ont ainsi disparu de la carte pour les mêmes raisons: la faillite. Sierre n’a pas tardé à retrouver la première ligue. Il lui reste à grimper en Swiss Regio League, un objectif raisonnable à brève échéance. Martigny, lui, repart en deuxième ligue. Lui aussi devrait grimper rapidement d’un étage. Aujourd’hui, c’est Sion qui est le mieux placé puisqu’il évolue en troisième division.

Le club de la capitale, en dépit de son infrastructure, modeste, et du peu de soutien populaire, aspire officiellement à monter en Swiss League (ex-LNB). «C’est un objectif d’ici deux ou trois ans», assène Steve Vergères, son président. A Sierre, le discours est identique indépendamment d’une éventuelle fusion avec le HC Sion ou d’une collaboration étroite – club ferme – avec GE Servette. «Seul, ce sera difficile si on veut une équipe compétitive, un peu plus accessible si on privilégie la formation avec un budget plus modeste, précise Alain Bonnet, président du HC Sierre. Idéalement, il faudrait regrouper nos forces si l’on veut jouer un rôle en vue. Après, si la ligue nationale accepte d’ouvrir rapidement la Swiss League à 12 équipes, ça peut aller très vite.»

Reste Martigny. La faillite est trop fraîche pour que la promotion soit un thème d’actualité.

A priori, compte tenu de la configuration actuelle de la Swiss League, le retour d’une formation du Valais romand à ce niveau serait assez logique. «Seul, vous pouvez oublier, assure Silvio Caldelari. Une option serait de devenir le club ferme d’une association de National League. Ça irait très vite. Une autre serait la fusion, à condition qu’elle soit naturelle. Autrement dit, un club prend le leadership et les autres ont envie de s’y accrocher.»

«Tout seul, je n’y crois plus, conclut André Pochon. Idéalement, il faudrait poursuivre les collaborations qui fonctionnent avec les mouvements juniors et les appliquer au sommet. Mais ça prendra peut-être dix ans. L’avantage, c’est que ces clubs repartent sur des bases plus saines.»

 


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