08.09.2017, 05:30  

Débat: faut-il ouvrir les commerces le dimanche et en soirée ?

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Les horaires d'ouverture des magasins valaisans font débat.

 08.09.2017, 05:30   Débat: faut-il ouvrir les commerces le dimanche et en soirée ?

Commerce - L’ouverture des commerces quatre dimanches par an sera débattu au Grand Conseil valaisan la semaine prochaine. C'est là un sujet qui divise. Même les commerçants sont divisés sur la question. Un compromis semble se dessiner autour d'une ouverture prolongée en soirée.

L’idée de l’ouverture des commerces quatre dimanches par an sera sur la table du Grand Conseil la semaine prochaine. Le sujet divise les députés. Les commerces n’y sont pas forcément favorables.

1, 2 ou 4 dimanches ouverts par an?

L’ouverture des magasins 2 ou 4 dimanches par année semble avoir du plomb dans l’aile. La commission du Grand Conseil en charge de ce dossier a refusé le projet de loi allant dans ce sens.

>>A lire aussi: la commission du Grand Conseil refuse le projet

Trade Valais, l’association représentant les grands commerces, estime que seuls le dimanche avant Noël et le 8 décembre, jour de l’Immaculée conception sont rentables.

Les petits commerçants, représentés par l’Union commerciale valaisanne (UCOVA), ne veulent pas d’ouverture dominicale supplémentaire non plus.  L’UCOVA est «contre l’extension des heures d’ouverture des commerces parce que dans une petite structure le patron serait encore plus fortement sollicité», déclare son directeur Hubert Gattlen. Lors d’un sondage, les petits commerçants se sont prononcés en faveur de deux dimanches par an, mais pas plus.

Moins surprenant, les syndicats sont aussi opposés à des heures d’ouvertures dominicales, pour éviter que cela ne pèse sur la vie familiale des employés, notamment.

Une demande qui provient du Haut-Valais

Malgré l’avis donné par les associations de commerçants, celui par qui la discussion est arrivée, le député PLR et secrétaire général de l’Union valaisanne des arts et métiers Marcel Delasoie n’en dépose pas les armes pour autant. La motion qu’il avait déposée avec Philipp Matthias Bregy (PDC du Haut) avait été acceptée par le Parlement cantonal par 80 voix à 41, en avril 2015. «Les sociétés des arts et métiers de Viège et de Brigue se sont plaintes de la situation. Lorsqu’il y a eu la fête du tir puis la fête du yodel, avec plus de 100 000 visiteurs, elles ont demandé d’ouvrir les commerces. Il leur a été répondu: si vous ouvrez durant ces manifestations, vous ne pourrez pas ouvrir avant Noël. Je trouve ridicule de fermer les magasins lorsqu’il y a 30 000 personnes dans une ville et de pouvoir ouvrir le lundi suivant, lorsque tout le monde est au travail…»

Les députés se détermineront sur cette question la semaine prochaine.

Vers des commerces valaisans ouverts plus longtemps

Une ouverture quotidienne prolongée des commerces semble plus probable que l’ouverture domiciale. C’est là une demande des grands magasins. Franck Truchot, président de Trade Valais, explique que pour répondre aux souhaits des clients, «nous demandons une ouverture jusqu’à 19h du lundi au jeudi, 20h le vendredi et 18h le samedi.»

Cette volonté ne sera pas forcément combattue par les syndicats. Au contraire, la discussion est en cours est va dans le sens des vœux des grands magasins. Coordinateur des Syndicats chrétiens, Bernard Tissières explique sa position. «Nous discutons avec Trade Valais pour que les employés soient couverts par une Convention collective (CCT). Trade Valais a posé comme condition que les horaires soient prolongés. Nous avons donné notre accord sur ce point, même si le prolongement des horaires le samedi nécessite un gros effort de notre part. Nous discutons de compensations pour ces efforts.» La discussion sur cette CCT pourrait aboutir tout prochainement.

Cette extension des ouvertures quotidiennes des magasins ne sera pas débattue la semaine prochaine au Grand Conseil. Elle devrait intervenir lors d’une révision globale de la loi sur l’ouverture des magasins. Selon le planning du Conseil d’Etat, cette révision ne devrait pas intervenir avant 2020. «S’il y a un accord pour la CCT, cette révision pourrait aller très très vite», estime toutefois Bernard Tissières.

L’opposition à cette modification législative pourrait alors venir des petits commerces. Ceux-ci vivent une réalité très différente de celle des grandes surfaces. «Si nous élargissons les heures d’ouverture, les petits commerces devront augmenter leur personnel, donc leurs charges. Nous estimons que les horaires actuels sont suffisants», déclare Hubert Gattlen.


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